Saint-Malo

Ille-et-Vilaine · Côte d'Émeraude · Bretagne

Saint-Malo navigue sur deux horloges à la fois : le vent, qui arrive de la Manche ouverte depuis n'importe quelle direction entre l'ouest et le nord-est, et la marée, dont le marnage moyen avoisine douze mètres et peut dépasser treize aux plus grandes marées de vive-eau — de quoi décider s'il reste ne serait-ce qu'une plage où mettre à l'eau.

Le vent à Saint-Malo

stations réelles · actualisé toutes les heures
  • Saint-Cast-Le-G19.2 km · il y a 12 min9ktrafales 13 kt · E
  • Granville32.0 km · il y a 12 min9ktrafales 14 kt · NNE
  • Gouville53.7 km · il y a 12 min13ktrafales 18 kt · ENE

Relevés d'anémomètres réels des stations autour du spot, capturés à la dernière actualisation de cette page. Connectez-vous pour la carte en direct — quelques minutes de délai, avec rafales, historique et pluie.

Meilleure saison
Toute l'année (thermique de NE en été, dépressions atlantiques en automne-hiver)
Sports
Kitesurf · Windsurf · Wingfoil
Plan d'eau
Plage de sable, remodelée par la marée deux fois par jour
Niveau
Intermédiaire et plus (rochers et courants aux extrêmes de marée)
Titre de gloire
Ligne de départ de la Route du Rhum · marnage d'environ 12 m

Les vents

Noroît

NW

Le vent qui fait le plus de dégâts à une prévision trop simple : un nord-ouest venu de la Manche ouverte, qui va d'une brise propre et navigable jusqu'à la pleine force d'une tempête atlantique. Le plus fréquent de l'automne au printemps, et celui que les locaux ont en tête quand ils disent que la journée est devenue réservée aux experts.

Nordet

NE

Le vent de beau temps : un thermique de nord-est qui s'installe les après-midis d'été, plus lisse et plus facile à lire que tout ce qu'envoient les systèmes dépressionnaires de la saison. C'est ce vent qui rend une session de juin ou juillet prévisible.

Westerly blow

W

Le vent atlantique du quotidien au Sillon, présent la plupart des mois de l'année sans avoir besoin d'une tempête derrière lui. Il pousse un vrai clapot et quelques vagues dans la baie, moins violent qu'un Noroît complet mais encore suffisant pour planifier une session.

Une cité corsaire bâtie là où la Manche se resserre

Saint-Malo se trouve à l'embouchure de la Rance, au point où la Manche se canalise vers le golfe de Saint-Malo et la baie du Mont-Saint-Michel au-delà. Il n'y a rien d'autre que de l'eau libre au nord, si bien que toute dépression venue de l'Atlantique arrive avec peu de choses pour la ralentir. Le résultat est un spot à la fenêtre de navigation large : la plage du Sillon se navigue par vent d'ouest plein, jusqu'au nord-ouest et au nord, en passant par le nord-est, ce qui couvre l'essentiel de ce que la Manche peut envoyer.

Les remparts de granit de la vieille ville intra-muros, ancien repaire de corsaires, se dressent à l'extrémité ouest de la plage et bloquent tout ce qui viendrait du sud ou du sud-ouest, si bien que ces directions sont par défaut des journées calmes plutôt que navigables.

La plage du Sillon, et où regarder d'autre

Le Sillon est l'adresse de référence : trois kilomètres de sable filant vers l'est depuis les remparts jusqu'à Paramé, assez large pour accueillir une foule de kites et de véliplanchistes sans que personne ne se batte pour l'espace. De vieux épis brise-lames découpent la plage en sections, et une zone rocheuse près de Rochebonne reste immergée au-delà de la mi-marée — bon à savoir avant qu'elle ne le soit plus.

Quand le vent ou la marée ne conviennent pas au Sillon, la Côte d'Émeraude offre des options à courte distance : Rothéneuf à l'est capte un angle différent sur la même baie, Dinard de l'autre côté de l'estuaire de la Rance propose une alternative exposée à l'ouest, et Saint-Lunaire plus loin sur la côte s'ouvre quand le vent tourne plus au nord. Les riders d'ici planifient autour des quatre plutôt que de s'engager sur une seule pour la journée.

Les saisons, et la sensation du vent

L'été appartient au Nordet : un thermique qui se construit dans l'après-midi et offre les sessions les plus clémentes et les plus régulières de l'année, calées commodément sur l'eau la plus chaude et les jours les plus longs. C'est aussi la période la plus fréquentée sur la plage, avec baigneurs, écoles et foule estivale se partageant le même sable.

De l'automne au printemps, l'Atlantique prend le relais. Les dépressions se succèdent plus souvent, le vent d'ouest se transforme en véritables systèmes de Noroît, et les journées deviennent plus froides, plus humides et sensiblement plus ventées. La Manche reste fraîche ici même en été, si bien qu'une bonne combinaison fait partie de l'équipement standard, quelle que soit la saison.

La Route du Rhum, et une ville bâtie sur la mer

Tous les quatre ans en novembre, Saint-Malo lance une flotte de solitaires sur environ 3 600 milles nautiques d'Atlantique jusqu'à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. La Route du Rhum se court depuis 1978, quand le marin canadien Michael Birch a remporté la première édition, et aligne aujourd'hui aussi bien des trimarans Ultim et des IMOCA 60 que des Multi50 et des Class40 sur la même ligne de départ. Dans les jours précédant le départ, la flotte mouille au bassin Vauban, à deux pas du Sillon, et la ville se remplit de la foule qu'une course transatlantique en solitaire n'attire qu'une fois tous les quatre ans.

Cela correspond bien à une ville qui s'est toujours mesurée à la mer : les remparts de Saint-Malo ont été construits pour défendre un port dont les corsaires ont écumé la Manche pendant des siècles, et le même littoral exposé qui en a fait une ville de marins autrefois est ce qui en fait un spot de vent aujourd'hui.

À quoi faire attention

La marée dicte le programme ici. Un marnage moyen d'environ 12 mètres, dépassant 13 mètres aux grandes marées — parmi les plus importants d'Europe — signifie que la bande de plage utilisable peut se réduire à presque rien à marée haute et s'étirer sur des centaines de mètres à marée basse — les sessions se planifient autour de la marée mi-basse à basse, pas seulement autour du vent. La marée basse découvre aussi ce que la marée haute cache : rochers, vieux pieux d'épis et autres débris qu'un rider filant à vitesse préférerait connaître à l'avance.

En juillet et août, la zone de baignade est bouée de 9h à 19h près de Mi-Grève, sur environ 300 mètres de large et jusqu'à environ 50 mètres de la digue, et les riders partagent ce qu'il reste de plage avec une pleine foule estivale. À la digue elle-même, une marée montante peut construire un courant qui mérite le respect, et un Noroît qui monte est le signal pour arrêter de se demander si les conditions restent adaptées aux débutants.

Lire le spot en direct

Le widget ci-dessus affiche les derniers relevés des stations autour de la cellule de Saint-Malo, mis à jour à partir des relevés Météo-France, environ toutes les six minutes. L'écart de rafales est le premier chiffre à vérifier — un relevé propre d'ouest ou de Nordet se lit serré, tandis qu'un écart large et nerveux signifie en général qu'un système de Noroît arrive ou est déjà là. Comme la marée compte autant que le vent ici, mieux vaut associer ce relevé à une table des marées avant de partir : un bon chiffre de vent au mauvais moment du cycle de marée peut encore vouloir dire aucune plage où mettre à l'eau.

Suivez Saint-Malo en direct

Toutes les stations autour du spot sur une seule carte en direct — vent, rafales et direction, avec quelques minutes de délai seulement. Gratuit pendant la bêta.

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